Là où jamais le soleil ne brille. Là où seules les ténèbres d’un espace profond règne. Là où le froid spatial empêche toute vie. C’est là que l’EUSS Leipzigse rend, dans la ceinture de Kuiper, l’ultime frontière du système Sol.
Entrée 2235.5.21. Journal de bord du capitaine :
Orbite de Neptune, 42ème jour. Jour depuis le départ : 389
Les derniers relevés dans la basse atmosphère neptunienne viennent d’être collectés par nos spécialistes. Une succession de chiffres sans signification pour moi, une avancée majeure selon eux. Quoiqu’il en soit, je viens d’ordonner les préparatifs pour la dernière partie du voyage, vers la ceinture de Kuiper. Ensuite, ce sera le long chemin du ret….
« Capitaine ! Capitaine ! »
La femme releva les yeux de son écran pour fusiller du regard l’importun, qui n’était autre que ce Larrant. Dieu ce qu’elle avait du mal avec ces fichus Franciens !
« Qu’il y a t’il Sergent Larrant ?
- On a un 254 sur les récepteurs longues portées Madame !
- Un quoi ? Par tous les pères de l’Europe arrêtez avec ces foutus codes !
- C’est un message vocal en hertzien madame !
- Un message vocal en hertzien sur les récepteurs externes ? On a capté le 20h neptunien ou vous avez bu ?
- Ni l’un ni l’autre madame. Vous devriez venir écouter…
- M’ouais, j’arrive... »
Le Capitaine Tojas décrocha à contrecoeur les sangles du fauteil de son bureau, puis d’une impulsion franche, elle alla attraper les barres d’appui pour se mouvoir vers la cabine de pilotage, située au centre du vaisseau.
Le Capitaine Esmeralda Tojas était une femme forte de 45 ans, originaire de la région Occitanie, qui regroupait tout le Sud de la France, une partie de l’Italie et de l’Espagne. Brune, les cheveux coupés au carré, les yeux noirs et sévères, le nez fin, et la bouche sèche, Esméralda ne semblait pas être d’une nature facile. Et l’apparence était bien en déça de la réalité. Après tout, il n’en fallait pas moins pour être nommée capitaine du premier vaisseau d’exploration de l’Union Européenne. Ca, une intelligence remarquable et une bonne forme physique. Elle était probablement la meilleure de l’ESA, et le pire, c’est qu’elle le savait.
Maugréant contre l’apesanteur, Esméralda souhaita partir le plus vite possible de Neptune, afin que durant le voyage, la force centrifuge qui sera appliquée à l’EUSS Leipzigsimule à nouveau la gravité, si naturelle aux humains.
L’EUSS Leipzigétait le plus grand vaisseau conçu par l’homme. D’une longueur de 8 kilomètres, d’une envergure de 3, et d’une circonférence de 800 mètres en son centre, le vaisseau avait la forme d’un avion, un peu comme le Concorde, sorte de fantaisie des ingénieurs qui n’avaient pas voulu concevoir un engin longiligne et triste. Le public était très attaché à ce genre de « détail ». Quoiqu’il en soit, l’aménagement interne de l’EUSS Leipzigcontenait tout ce qu’un équipage était en droit d’espérer pour un aussi long voyage : Un jardin hydroponique, des espaces de détente, une salle de projection, une bibliothèque, une cuisine et de vraies chambres. Le confort et l’espace étaient indispensables à la réussite du projet.
Dans la cabine de pilotage, les deux membres de quart écoutaient en boucle le message étrange que les récepteurs avait capté il y avait un quart d’heure :
« Tu crois que c’est des extra-terrestres ? demanda Neil Longman, un beau brun originaire d’Anglia à sa collègue Samia Jillow, une blonde de Prusse Orientale
- Je l’ignore complètement, mais ça ressemble à aucune langue que je connaisse
- En même temps, tu ne parles que le paneuropéen et le polonais…
- Et alors ? Ce n’est pas parce que monsieur a fait des études de linguistes dans sa jeunesse qu’il parvient à identifier ce truc… Tu maîtrises combien de langues déjà ? 5 ? 6 ?
- Euh, Anglais, Français, Flamand et Néo-Prussien… en plus du paneuropéen, ça fait bien 5. Mais aucune que je connaisse ne ressemble à ça…
- Conclusion, ce n’est pas humain…
- Erreur, ce n’est pas européen… Ce qui ne signifie pas forcément que ce n’est pas humain…
- Capitaine sur la passerelle ! » coupa la voix synthétique de l’ordinateur de bord
Les deux se retournèrent pour saluer du regard le capitaine. On était pas non plus dans un appareil de l’EUA, ils n’allaient pas s’imposer une discipline non exigée par la situation.
« Alors, dit Esméralda, qu’est-ce que l’on a ? Une invitation à diner d’ET ?
- On ne sait pas vraiment, dit Neil. Juste ça… »
Le message emplit à nouveau la cabine. Les mots étaient clairement détachés, mais toutefois incompréhensibles. Toutes les 15 secondes, le message semblait se répéter.
« MMh, et d’où ça vient ça ? demanda la capitaine
- On a commencé la localisation Madame, répondit Samia du tac au tac, c’est dans la ceinture de Kuiper, dans cet espace… »
Tapotant sur son clavier, Samia fit apparaître une image en synthèse de la ceinture, sur laquelle un rectangle jaune se superposa.
« Quelle est la taille de cette zone ?
- Plusieurs millions de kilomètres carrés madame. On vient juste de commencer le processus…
- Bien, alors vous allez enregistrer ce machin et vous l’envoyer sur Terre avec toutes les infos dont nous disposons. Et vous avez trois jours pour me fournir une localisation exacte et un plan de vol pour l’atteindre. Et un autre pour décarrer en vitesse si jamais ce n’est pas amical.
- On a peur des petits hommes verts ? Capitaine demanda Neil sur le ton de la rigolade
- Pas le moins du monde. Si jamais ils nous attaquent, vous partagerez avec eux votre sens de l’humour Longman, peut être qu’ils mourront de rire… »
Université de Paris-Capitale, 3 mois après la réception du message de l’EUSS Leipzig
« Alors que les experts de toutes les universités du monde se déchirent sur la signification du message capté par l’EUSS Leipzig,les autorités se refusent pour le moment à tout… »
Le professeur Fabio Sullivan sortit de son bureau et coupa le poste intermédia de sa secrétaire, en lui lançant un regard lourd de reproches. Ce jeune Anglian de 28 ans, cheveux blonds coupés courts et regard bleu glacial ressemblait plus à un Russe qu’à un Irlandais, mais il était pourtant né à Dublin. Spécialiste des langues anciennes et mortes depuis longtemps, il était la figure montante du milieu. Et le travail qu’il était en train de réaliser était un des plus difficiles et probablement le plus important de sa carrière. Et il le savait. Lorsque les autorités de l’ESA avaient contacté le département des langues de l’Université, tous les spécialistes, linguistes, néo-linguistes, craqueurs de code avaient tenté de le décrypter. Le message, bien vite sur Internet, avait fait l’objet d’une multitude d’interprétations farfelues provenant de spécialistes plus ou moins illuminés.
Sullivan n’avait prêté aucune attention à cette affaire. Les nouvelles langues n’étaient pas sa spécialité. Aucune attention donc, jusqu’à ce qu’une collègue, sur laquelle Sullivan avait quelques vues, avait déboulé dans son bureau pour lui faire écouter. Il avait donc accepté, entendu le message et depuis travaillait d’arrache pied dessus. Cela lui paraissait incroyable, mais il était capable de comprendre ce qui était dit. Il était peut être même le seul pouvant faire cela.
Cela faisait déjà près d’un mois et demi qu’il tentait, retouchait, et finalement il avait obtenu le message. Il lisait, relisait, vérifiait encore et encore. Pourtant la réalité était là. Il était sorti pour couper l’intermédia, regarda sa secrétaire, et d’une voix un peu chevrotante, totalement inhabituelle pour lui, il dit :
« Appelez le centre spatial de l’ESA à Paris. J’ai…quelque chose à leur dire… »
Centre Spatial de Kourou, Région Semi Autonome de Guyane, 2 jours plus tard, Salle de Crise
Sullivan était fatigué. Le voyage était rapide et confortable, mais les avancées de la technologie n’avaient toujours pas supprimés les effets dévastateurs du décalage horaire. Buvant un café écoeurant, Sullivan considéra la salle qui se remplissait d’hommes à l’air extrêmement compétent et sérieux. Il semble que sa prestation avait suffisamment convaincu de personnes à Paris pour qu’on l’amène ici. Rapidement, l’auditoire fut prêt, et l’un de ses membres, d’un geste, intima à Sullivan l’ordre de commencer.
« Bien Messieurs, je me suis penché sur votre problème. Voici une transcription du message en alphabet latin »
Un texte s’afficha sur l’écran.
« Et bien messieurs, ce langage n’a pas été entendu sur Terre depuis près de 9000 ans, probablement un peu plus…
- Comment ? Vous sous entendez que ce sont des terriens qui ont émis ce message ? Il y a 9000 ans ? Vous croyez à l’Atlantide ? le coupa un des hommes
- Non. Mais ce message est une forme très archaïque de Summérien, répondit Sullivan
- De Summérien ? Kézako ? demanda un autre
- C’est la langue de l’Empire Mésopotamien, qui s’est développé de l’an 6000 avant Jésus Christ jusqu’à environ 200 ans avant Jésus Christ dans ce qui est aujourd’hui le Moyen Orient
- Et ces Summériens pouvaient voyager dans l’espace ?
- Pas que je sache, mais je suis sûr de mon coup…
- Et pourquoi cela ?
- Parce que cette phrase correspond parfaitement aux formes antérieures de cette langue ! En plus, le message fait un sens assez clair…
- Et quel est-il ? demanda le même homme qui avait donné le top départ
- Vous ne l’avez pas eu ? Bref, la traduction la plus fidèle serait : « Cabine 1 lancée. Direction : Troisième Planète depuis « Glarinèd 3 ». Coordonnées : 33.9574,43.1563 »
- Glarinèd 3 ? C’est quoi ?
- Je pense que c’est comme cela que le Soleil est désigné… Les coordonnées correspondent à peu près à l’Irak….
- Vous pensez que c’est un message d’alerte qui tourne en boucle ? Et qu’est-ce que c’est que cette cabine ?
- Le plus simple, je suppose, dis l’homme du début, est encore d’aller vérifier. Sur Terre et dans la ceinture de Kuiper… Vous Sullivan, vous restez à Kourou. Si jamais d’autres messages de ce type sont captés, je veux pouvoir les comprendre. Qu’on se mette en contact avec l’Alliance Pan Arabique pour aller voir ce qu’il y a à ces coordonnées. Et envoyez l’ordre d’y aller à l’EUSS Leipzig. ».
Inscrivez-vous à ma communauté " Manuscrits des futurs auteurs " : cliquez sur la petite vignette juste en dessous
!
Manuscrits des futurs auteurs
http://gare-aux-cyber-arnaques.over-blog.com/
Tous les textes du site http://www.legendesetverites.com sont protégés par la loi du 11 mars 1957, et la loi du 3 juillet 1985 du Code de la Propriété
Intellectuelle et ne sont pas libres de droit.
http://www.copyrightfrance.com/
Merci à tous ceux qui font confiance à ma communauté " manuscrits des
futurs auteurs ".
La communauté marche plutôt trés bien et je compte en faire la
meilleur communauté ! pour cela, il faut s'inscrire et publier dessus pour se faire connaître !
Je compte sur vous tous et puis...
A NOUS LA GLOIRE !




Commentaires