Et Dieu créa les gays

MUSIQUE

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Je compte sur vous tous et puis...
A NOUS LA GLOIRE !
 

chapitre 4

Une explosion de sensation. Une détonation de souvenirs. Un galet qui ricoche sur les parois d’une prison de verre la faisant éclater. Un coup de poing monumental asséné sur la tempe par un géant. Dean tomba à genoux les mains sur la tête essayant d’atténuer la douleur en pressant sa tête. Les images, les sons surgirent dans sa tête en quelques secondes. Les gendarmes. Ses dessins. Son rêve. La lumière. Le son. Il savait. Non mieux, il comprenait. La douleur s’en alla comme elle était arrivée et Dean se releva sans même que Flore, trop concentré sur sa propre mémoire, l’ait aperçu. Pourtant, elle tourna la tête vers lui et afficha un sourire. Peut-être n’affichait-il plus son air morne car elle rayonna de plus belle.

           - Et bah voilà ! Tu sembles aller mieux !

           Il ne répondit pas. En fait il ne l’avait même pas écoutée. La musique était revenue et elle couvrait les paroles de la jeune fille. Sous les yeux inquiets de cette dernière, Dean commença à avancer, guidé par la lumière qui venait d’apparaître devant ses yeux.

           - Eh ! Mais qu’est ce que tu fais ?! Le truc est pas tombé par là.

           Encore une fois, aucuns mots ne sortirent de sa bouche. En fait, il fredonnait la musique qu’il entendait. Flore, qui était restée en arrière sans bouger, le rattrapa en courant et le saisit par les épaules pour le secouer.

           - Youhou ! Dean !

           Toujours aucune réaction du côté du jeune homme qui, se dégageant, continua de marcher du même pas en fredonnant. Flore frissonna. Mais qu’est ce qu’il avait ?! Il semblait malade. Son teint était pale, il frissonnait et surtout il n’était plus lui-même. Flore sut alors qu’elle devait le suivre sans chercher à comprendre. Ce genre d’intuition qu’elle aurait d’habitude considérer comme une folie lui apparaissait pourtant dans ce cas là comme une éventualité.

           Dean comprenait. Il devait suivre la lumière. Il était totalement maître de lui-même et avait parfaitement entendu Flore malgré la musique. Cependant, son unique objectif pour le moment était de Latrouver. Il le fallait. Elle était la Proie, il était un Chasseur.

D’un pas rapide, il s’engouffra sous la voute de branches et de feuilles et commença à s’enfoncer dans la forêt, toujours plus sombre. Dean entendait tous les bruits qui l’entouraient. Le grignotement de ce rongeur, le piaillement de cet oiseau. Chacun de ces sons se démarquait du précédent et résonnait quelques instants dans l’esprit du jeune homme. Le moindre craquement lui paraissait assourdissant. La moindre note de musique prenait l’air d’un air de métal. Les capacités auditives de Dean semblaient avoir été développées d’un seul coup. Brutalement. Comme si un phénomène étrange avait eu une influence particulière sur son corps.

           Flore suivait docilement son ami en jetant des regards inquiets sur son entourage et sur sa montre. Mais qu’est-ce qu’elle faisait là ?! Okay, elle avait confiance en Dean, mais il était très étrange depuis quelques jours ! Et puis pourquoi vouloir suivre cette étoile filante ? En définitive, elle s’en moquait éperdument ! Elle n’avait jamais prêté attention à ce genre d’évènement. Pourtant la lumière l’avait attirée. Peut-être restait-elle aussi pour cela. Elle voulait savoir.

           Dean s’arrêta soudain. Il y avait un problème. Quelque chose manquait. Il se rendit compte alors qu’il n’y avait plus aucun bruit. Rien. Le silence pesait sur l’obscurité. C’est trop calme, pensa-t-il. Cette pensée le fit sourire. Tu te prends pour un héros tombant dans un piège Dean ?

           Flore le regardait, incertaine. Elle ne savait pas quoi faire et lisait sur le visage de son ami une certaine interrogation. La curiosité la poussant à bout, elle ne put s’empêcher de poser une question.

-Qu’est qu’on f...

-Chut.

           Flore afficha une mine boudeuse mais obéit, plus anxieuse que jamais. Dean ne s’était jamais comporté ainsi auparavant. Admettre que l’un deux avait changé l’ennuyait profondément. Quant à Dean, il voulait entendre. Ce brusque mutisme de son environnement l’inquiétait. Surtout qu’ils se trouvaient dans un endroit où les insectes et les animaux étaient maîtres. Et où le bruit était normal voire vital.

Soudain, un bruit de corde se fit entendre. Pas celui d’un violon ou d’un instrument de musique. Non, ce bruit était celui d’un arc. Ce bruit était celui d’une arme.

Plongeant sur Flore, Dean s’écrasa dans l’herbe et les broussailles légèrement humides. Flore sentit plusieurs branches lui fouetter le visage juste avant que son ami s’écrase littéralement sur elle, vidant l’air contenu dans ses poumons et lui coupant le souffle. Elle mit quelques instants à se remettre du choc. Une incompréhension totale se lisait sur son visage.

- Dean, je peux savoir pourquoi tu m’as plaqué au sol comme ça ?

Le jeune homme ne comprenait pas. Il n’avait pas entendu le bruit caractéristique de l’impact d’une flèche ou d’un carreau. Et la personne qui avait tiré ne pouvait l’avoir fait à vide au risque de briser son arme. En effet, en archer averti, Dean savait qu’un arc bandé à vide voyait la force de sa corde se retourner contre son armature ce qui, dans la majorité des cas, provoquait la destruction de l’arc et donc un danger pour toute personne se trouvant dans les environs.

Il se releva sans un mot et regarda autour de lui en tirant Flore à sa hauteur.

- Dean je me répète, pourquoi tu as fais ça ?

- Quelqu’un chasse. C’était dangereux. J’ai entendu un arc.

Il répondait par des phrases courtes, presque des onomatopées car son esprit était entièrement tourné vers sa propre proie. Effectuant un demi-tour, il aperçut enfin ce qu’il cherchait. Une Carbon Express à l’empennage rouge sang était profondément enfoncée dans un pin. Suivant son regard, Flore l’aperçut aussi et blêmit. Etait-ce un accident ? Sûrement pas puisque la flèche se trouvait à l’endroit même où ils étaient quelques secondes auparavant.

Dean eut soudain un doute, la flèche était bien trop petite. On ne pouvait apercevoir qu’une dizaine de centimètre entre le tronc et les plumes. Comment le tireur avait-il bien pu envoyer son trait à une telle distance si … Pris soudain d’une intuition, il contourna le tronc et ce fut son tour de blêmir. La flèche ressortait de trente centimètre du tronc si bien que sa pointe était visible. C’était impossible ! Personne n’aurait eu la force nécessaire pour tirer avec une telle puissance !

Flore rejoignit son ami et déglutit bruyamment. Elle venait d’apercevoir la pointe crantée en acier.

- Ce genre de truc est autorisé à la vente ?

- Ouai, c’est du matos pour la chasse.

- Alors qui …

- J’en sais rien. On continue.

Dean ne voulait pas que ce genre de stupidités le ralentisse. Un chasseur avait du les prendre pour une proie, voilà tout. Il n’y avait rien à craindre.

Reprenant une allure rapide, ils reprirent leur avancée dans la forêt. Peu à peu, ils se rendirent compte que l’obscurité qui les entourait se dissipait peu à peu. La fatigue se lisait sur leur visage. Ils n’avaient qu’une envie : se reposer, mais l’étoile filante exerçait une sorte d’attirance sur eux. Ils voulaient savoir, ils voulaient comprendre. Enfin, ils aperçurent la lumière du soleil qui commençait à se coucher. Déjà ? Dean avait l’impression que quelques minutes seulement s’étaient écoulées depuis qu’il avait entendu les Musicos répéter. Franchissant le seuil des arbres, les deux amis virent enfin ce qu’ils cherchaient. Le truc. L’étoile. L’astre. La Proie.

           C’était une sphère parfaite d’environ 1m50 de diamètre. Elle avait laissé dans le sol une trainée profonde et déraciné plusieurs arbres qui gisaient maintenant sur le côté, attendant la mort. L’étoile, si c’en était vraiment une, était recouverte d’étranges aspérités que l’on aurait pu prendre pour des symboles s’ils n’avaient pas été fondus par l’entrée dans l’atmosphère. Faisant le tour de l’objet, Dean sentit l’excitation le submerger. Il l’avait trouvée ! En premier ! Ne pouvant résister à la tentation, il effleura la sphère du bout des doigts.

           Peut-être que si il avait résisté à cette tentation, son avenir aurait été différent. Peut-être que la Mort ne serait pas venu le chercher si tôt.La violence du choc le projeta au sol immédiatementtandis que son corps était parcouru d’un courant électrique d’une rare puissance. Terrassé par la douleur, il se tordait au sol et était agité de spasmes. Ses lèvres articulaient frénétiquement mais aucun son ne sortait de sa gorge. Il avait l’impression  de se noyer dans de l’azote liquide. Il sentait tout son corps soumis à cette brûlure par le froid. Ses doigts agrippaient le sol dans un espoir de fuite futile, creusant de longues et profondes stries dans le sol qui commençait juste à geler sous la température.
    Soudain, il y eut un pic de douleur d’une intensité telle que Dean crut que sa tête allait exploser. Il sentit du sang couler de son nez et de ses oreilles. Il allait mourir. Non, il voulait mourir. Que tout cela cesse. Ses dents s’entrechoquaient violemment et avaient déjà entaillés de nombreuses fois sa langue. Enfin, ses cordes vocales se libérèrent de la gangue qui les emprisonnait et on entendit alors dans toute la forêt un long cri d’agonie. Son cœur s’arrêta. Net.

    Le loup se réveilla devant la même gemme. Il avait deviné, peut-être dans son sommeil, que celle-ci était composée de glace. Il n’aimait pas la glace. Elle était apportée par Hiver et la neige était son messager. En cette saison, il avait toujours des difficultés à se nourrir. Humant l’air il sentit de nouveau la présence de l’humaine. Etrangement, son odeur ne ressemblait pas aux relents puants et chimiques d’un homme des villes. Non, elle semblait sentir … le froid. Toute sa personnalité exhalait une aura glaciale. Cette pensée le fit se mettre sur la défensive. Hiver. C’était elle. Grognant, il montra ses crocs et commença à reculer savant à l’avance qu’il n’avait aucune chance s’il engageait le combat.
Avec légèreté, la femme se laissa tomber de son rocher de glace et sembla planer jusqu’au loup qui glapit. Une fois encore elle l’apaisa du regard. « N’ait pas peur. Tu sais qui je suis mais tu as oublié qui tu fus. C’est un tour de mes sœurs pour t’empêcher de gagner. Dans quelques instants tu vas t’endormir de nouveau. Il faut que tu me libères. Tu en as le pouvoir, il te suffit juste de te souvenir … ». Sa voix claire s’éteignit alors et un vent glacial balaya la clairière. Déjà le prédateur solitaire sentait ses paupières s’abaisser lentement.

    Comme dans un film d’action, Dean ouvrit brusquement les yeux et aspira une goulée d’air, réclamée par ses poumons. Recrachant l’air vicié, il se mit à tousser crachant du sang. Avec horreur, il constata que celui-ci était parsemé de particules bleues claires qui scintillaient ! Qu’est ce que c’était que ça ! Un parasite ? Un quelconque virus ? Ok on se calme Dean, pars pas dans tes délires fantasmagoriques, pensa-t-il alors. Voyant alors sa main gauche, il fut ébahi. La manche de son manteau avait été arrachée mettant son bras à nu. Celui-ci était désormais recouvert par une brûlure qui partait de sa paume et allait jusqu’à son coude. La nausée lui vint brusquement et il vomit tout le contenu de son estomac sur ses chaussures.
    Soudain, il fut pris d’un nouveau haut le cœur et il se retourna. Derrière lui se trouvait toujours la sphère. Ce n’était pas un rêve. Il était bel et bien mort. Touchant ses lobes d’oreilles, il sentit du sang séché. Et il avait encore ce goût âcre au fond de la gorge. Mais qu’est ce qu’il lui était arrivé ? Il avait touché la sphère et puis … A ces pensées, il ferma ses yeux violemment tant le souvenir était douloureux. Cela venait donc de l’astre. Elle était à l’intérieur. Il ne savait pas comment l’expliquer mais il le savait. Au fond de lui, son instinct lui hurlait de retoucher à la sphère que c’était le seul moyen de La libérer. Mais il ne voulait pas y croire, il avait bien trop peur de revivre les quelques instants passés à se tordre au sol. Putain ! Il avait cru mourir !
    Il prit alors conscience que Flore ne se trouvait plus dans la clairière. D’une voix qu’il lui parut étonnamment rauque il l’appela.
    - Flore ! T’es là ? Ehoh ! Y a quelqu’un ?
    Etrange, son cri de douleur aurait du attirer foule. Au moins un garde forestier. Mais non, rien ni personne. Tendant l’oreille, Dean tenta de percevoir un quelconque bruit provenant de la forêt. Rien. Encore ce silence omniprésent et terriblement terrifiant. La vie semblait avoir quittée la forêt.
    Alors, une percussion se fit entendre. Cela venait de la sphère. C’était régulier et étrangement familier pour le jeune homme. On aurait dit … un cœur qui battait. Ravalant sa peur, Dean fit quelques pas vers ce son et la fréquence de celui-ci augmenta. Si c’est un cœur, il bat vachement vite, pensa le jeune homme. Il tendit la main et l’arrêta à quelques centimètres seulement de la surface de l’astre. Son propre cœur supporterait-il une nouvelle contre attaque de l’objet ? Il prit une grande inspiration et, effleurant l’objet, il sursauta. C’était glacé ! Sa main était désormais recouverte d’eau. Comment était-ce possible ? Comment une roche venue de l’espace pouvait être composée principalement de glace ?
    De nouveau Dean apposa sa main sur l’astre. La fréquence des battements augmenta encore. Bon okay, je dois faire un truc sur l’étoile mais je sais pas ce que c’est.  La Proie est à l’intérieur et elle n’attend que moi.
    Dean fit alors le tour de l’objet et remarqua un étrange symbole. Celui-ci ressemblait étrangement à la brûlure qu’il avait sur le bras. Prit d’une soudaine inspiration, il posa sa main dessus. Ce fut sa seconde erreur.

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