Au lieu de se retrouver de nouveau avec la main glacée, Dean constata avec étonnement qu’il ressentait une douce chaleur se répandre dans son bras et remonter jusqu’à son coude. Reculant de quelques pas, il vit le symbole qui était sur la gemme s’illuminer.
Soudain, de cette tâche lumineuse, partirent des centaines de filaments dorés et scintillant qui recouvrirent la sphère en quelques secondes. Le battement de cœur était tellement rapide désormais qu’on pouvait compter au moins 2 à 3 percussions par seconde. Les filaments, commencèrent à s’illuminer plus fortement et de la vapeur d’eau apparut tout autour du jeune homme. La sphère fondait !
Bientôt la lumière fut tellement intense que Dean dut protéger ses yeux avec son bras. Il sentait la chaleur de la vapeur d’eau sur son visage et celle dégagée par les filaments. Et puis cela prit fin, comme cela avait commencé. Les filaments revinrent dans le symbole qui disparut dans les airs.
Alors, utilisant ses bras comme des éventails pour chasser la fumée, Dean s’accroupit là où la sphère de glace s’était trouvée quelques instants avant. A sa place, on discernait nettement un corps. C’était une femme à la peau éclatante, vêtue d’une robe rouge. Dean eut alors ce que l’on appelle un flash mémoriel. De nouveau des images se succédèrent devant ses yeux et il revécu ce rêve qu’il faisait depuis des semaines et dont jamais il ne se rappelait. Il se souvint qu’il avait été un loup. Il se souvint qui était cette femme. Hiver. La Proie. La même personne ?! C’était impossible ! Mais pourquoi disait-il cela ?! Il ne connaissait même pas cette femme et pourtant sa mémoire lui attribuait un nom !
Mais peu importait son nom en fait. Seul comptait ce que Dean allait faire. Son instinct lui hurlait de se débarrasser de la femme. La tuer ? Pourquoi pas ... Et après ? Il faudrait se débarrasser du corps ce qui risque de poser un problème. Quoique non, il suffirait de ... HEY DEAN ! Tu fais quoi là ?! Tu vas pas tuer cette femme inconnue de sang froid ! Avec effroi le jeune homme se rendit compte de ce qu'il allait faire. Elle a beau être La Proie, tu ne peux tout simplement pas faire ça ! Elle ne t'a rien fait et puis tu ne la connais même pas ! Bon alors tu fais quoi ?
Soudain, le corps de l'inconnue fut agité par un tressautement. Elle a bougée ? Comment elle a pu bouger ?! Elle vient de passer plusieurs heures dans un bloc de glace après avoir traversé l'atmosphère ! Dean approcha alors sa tête de la poitrine de l'inconnue. Brusquement, il retira la tête. Un cœur ! Il entendait les battements d'un cœur ! Elle était en vie !
Pour répondre à cette exclamation, les yeux de l'inconnue s'ouvrirent brusquement alors que ses lèvres pâles s’écartaient dans un hurlement muet. Dean recula de plusieurs pas, profondément surpris par le réveil de la femme. Celle-ci, après plusieurs essais, réussit à s’asseoir. Chassant du mieux qu’il pouvait la peur qui se trouvait en lui Dean put réellement observer l’inconnue.
La première réaction du garçon fut un juron assez explicite suivit de l’adjectif « belle ». En effet, celle qui allait devenir la cause de tous ses ennuis étaient une femme, si l’on peut dire, d’une beauté fatale. Son visage était très fin, comme taillé dans du cristal, et ses pommettes presque effacées mettaient en évidence ce regard d’un bleu glacial à vous paralyser d’admiration. Dean tomba immédiatement sous le charme de la femme et toute pensée de meurtres s’effaça de son esprit.
L’inconnue contemplait ses mains. Alors elle n’avait pas rêvée. Les autres avaient osées. Sa vengeance n’aurait d’égale que sa cruauté lorsqu’elle les retrouverait. Elle ferma un instant les yeux tout en rêvant aux différentes tortures qui se proposaient à elle. Puis elle se tourna vers son sauveur. Son Chasseur. Ils avaient peu de temps, très peu de temps.
Il lui fallut quelques instants pour se remémorer les différentes caractéristiques du jeune homme et surtout sa langue. Elle commença avec quelques approximations dans un langage qui ne disait absolument rien à Dean. Voyant la mine déconfite de celui-ci, elle essaya l’anglais, qu’il saisit à peu près correctement.
Enfin, elle épela quelques voyelles d’un français approximatif et la discussion put commencer.
- Nous … Pas de temps. Vite. Trouver endroit, débuta-t-elle.
- Quoi ? Comment ça pas de temps. Et puis quel endroit ? J’ai tellement de questions !
Dean était totalement perturbé par la femme qui se tenait maintenant debout quelques pas devant lui. De son regard sans âge, elle semblait le sonder au plus profond de son âme. Elle est si belle, pensa-t-il. Son cœur battait à tout rompre, à te point qu’il avait l’impression que sa poitrine allait exploser.
- Qui êtes-vous ? D’où venez-vous ? Vous êtes un alien ?
Il allait continuer avec son florilège de questions quand elle l’interrompit bruyamment en hurlant un mot aux sonorités étonnantes.
- Nous pas de temps. Toi devoir moi protéger. Être devoir. Mission.
Elle accompagnait chaque mots de multiples gestes des mains ce qui semblait donner beaucoup plus d’importance à ce qu’elle disait. Les lèvres comme compressées par une main invisible, Dean écoutait en silence, d’un regard presque suppliant, les paroles de la femme.
- Moi Maître toi. Il pas être loin. Nous devoir partir. Maintenant. Réponses plus tard
Elle prononça un autre mot guttural et de nouveau Dean put articuler. Ensuite, elle s’empara d’une sorte de tige en vers qui se trouvait au sol et plongea dans la forêt. Le jeune homme s’apprêtait à la suivre quand soudain il ressentit une étrange sensation. Un autre. Brusquement, il entendit un sifflement. Putain de merde !
Comme il l’avait fait pour Flore, il bondit sur cette femme dont il ne connaissait même pas le nom et qui, pourtant, lui faisait des ressentir des sentiments inconnus. Il décolla brutalement dans les airs, à une vitesse qu’il n’aurait jamais pensé atteindre et réussit à écarter l’inconnue de la trajectoire de la flèche. Car encore une fois, c’était bien une flèche. La thèse de l’accident n’était plus envisageable. Quelqu’un cherchait à le tuer.
Il vérifia que sa protégée allait bien et vit alors que dans ses yeux brillaient un feu de haine tellement intense qu’il aurait pu embrasser la forêt toute entière. Elle attira le visage de Dean et approcha sa bouche de son oreille pour chuchoter.
- Toi pas être prêt. Lui être vrai Chasseur. Prêt depuis des années. Toi pas encore eu … changement total. Nous devoir fuir. Sans nous retourner. Lui maintenant arriver. Vengeance connaître patience.
- Mais je …
- Non. Nous aller chez toi. Ta maison être sanctuaire. Lui pas pouvoir sentir toi si nous être là bas. Maintenant nous courir. Toi être prêt ? Courir vite. Moi pas pouvoir donc toi porter moi. Toi avoir pouvoir.
Avec un hochement de tête peu convaincu, Dean saisit les bras de la femme et les plaça fébrilement autour de ses épaules avant de … la soulever sans aucune difficulté. Elle ne pèse rien !
- Maintenant courir chez toi.
Elle disait ça tout naturellement, comme si cela s’imposait comme une évidence. Aucun sentiment ne transpirait dans sa voix. Dean, lui, ne comprenait toujours pas pourquoi le mystérieux archer ne les avaient toujours pas abattus. Pourtant ils étaient une cible facile ! Etrange …
Alors, d’un pas lourd, le jeune homme commença à courir le long du chemin qui traversait la forêt de part en part. Ses jambes répondaient parfaitement à chacun de ses ordres. Trop parfaitement. Chacun de ses mouvements étaient animés d’une fluidité qu’il n’avait jamais eue. Encore une chose improbable et impossible qui lui arrivait aujourd’hui.
Il avait toujours rêvé de vivre une vie extraordinaire, mais, maintenant que l’adrénaline et la peur se déferlait dans ses veines au rythme de sa course, il en venait à regretter son lit douillet et sa console de jeu. Même le cours d’anglais lui manquait ! Quoique non. Faut pas abuser, pensa-t-il dans un sourire.
La fin du chemin les fit aboutir devant un ravin. Il fallait descendre ou continuer. Dean fit l’erreur de choisir la première option dans l’espoir que l’archer serait gêné par la tranchée. Mettant ses pieds parallèles à la pente, il dérapa dans le sable et la terre et atterrit au fond de la fosse.
De nouveau il ressentit la présence de l’autre. Merde ! Ils les avaient retrouvés. Confirmant son impression, une flèche déchira sa jambe droite et vint se planter au sol. Dean ne ressentit aucune douleur. Et cela l’inquiéta au plus haut point. Alors, il fit ce qu’il croyait impossible. Il accéléra. Son pas se fit plus souple. Sa course prit de la vitesse et bientôt il sprintait dans le ravin, plus rapide qu’un jaguar.
Son cœur battait à toute vitesse et le sang battait dans ses tempes. Une nouvelle flèche vint se planter près de lui non sans lui dessiner une estafilade sanglante sur une de ses mains. Toutefois, Dean vit à peine qu’il était blessé tant il était concentré sur sa course. Ses réflexes étaient certes bons mais jamais il n’aurait pensé pouvoir éviter un obstacle en quelques dixièmes de secondes !
Le ravin se finirait bientôt et il se retrouverait coincé. Il se savait dans une situation difficile. De toute façon, il n’avait pas le choix. Se soumettre s’était mourir. Du moins, c’est ce qu’il pensait.
D’un coup, trébuchant sur une racine, il s’affala au sol. En relevant la tête, il vit un empennage à quelques centimètres de l’endroit où il aurait du se trouver. Cette racine lui avait sauvé la vie. Remettant l’inconnue sur ses épaules, il lui sourit, ce à quoi elle répondit par un regard encourageant.
La vitesse et le défilement de l’environnement redevinrent les univers de Dean.
Enfin, la pente qui signalait la fin du ravin apparut devant Dean. Il lui restait une centaine de mètres aux parcourir. Soit quelques secondes pour réfléchir.
- Putain je fais quoi ?!
Encore une fois, comme si c’était une évidence, la femme répondit mollement.
- Toi sauter.
- Hein ? Vous déconnez je vais pas …
Mais il n’eut pas réellement le temps d’engager la discussion. Alors il fit la seule chose qui lui restait à faire. Il obéit.
Prenant appui sur un rocher qui dépassait, Dean donna une impulsion à son corps et … décolla dans les airs. Les pieds de Dean ne touchaient plus le sol et il battait des mains stupidement comme s’il voulait se raccrocher à quelque chose. La sensation était enivrante. Dean avait l’impression d’être à jamais libéré de la gravité. Mais le sol se rapprochait lui aussi très rapidement.
Lorsque son corps entra en contact avec le sol, il crut que ses jambes allaient se briser sous le choc. Pourtant elles reprirent leur course sans qu’il l’ait pensé.
Désormais il reconnaissait son entourage. Depuis le début, il avait à peu près couru au hasard, partant sur l’idée que le plus important était de s’éloigner du fou furieux. Mais là il savait. Bifurquant à gauche, il récupéra un chemin forestier qui sinuait entre les sapins. Il se rapprochait de l’arrêt de bus.
L’avait-il semé ? Il ne sentait plus cette tension interne. Peut-être avait-il réussi. Néanmoins, il se refusa tout ralentissement et continua au même rythme.
Soudain, il déboucha sur la route. Il faut que j’arrête de courir comme ça, pensa-t-il. Si on me voit, je vais avoir des ennuis. Reprenant une allure « normale », il tourna la tête pour apercevoir le regard de la femme.
- Toi bien t’en être sorti. Pas mal. Mais encore faible. Toi être le Chasseur Hivernal. Toi jamais oublier ça.
- Hivernal ? Comme la saison ? Mais alors qui êtes vous ?
- Moi être ta Maîtresse. Moi être celle qui te change. Moi être Hiver.
Hiver. C’était quoi cette blague ? Comment pouvait-elle être une saison ? A moins que ce soit juste son nom.
- Mais moi être aussi la Proie. Cela pas bon. Mais cela changer. Moi vais me venger. Toi aider moi.
- Vous aider ? Mais comment ? Et puis Hiver c’est juste votre nom ou …
Elle le regarda longuement, les lèvres pincées, puis finalement ses yeux pétillèrent d’une lueur ironique.
Malgré ses deux blessures, Dean se sentait parfaitement bien. Cela aussi était terriblement étrange. La brume mémorielle avait totalement disparue. Dans un soupir, il se dit que les conséquences de cette soirée allaient être catastrophiques. Déjà le ciel s’assombrissait.
Après avoir marché durant une heure, ils aperçurent l’entrée du hameau. Se dirigeant vers la maison de Dean, Hiver commença à se débattre et finalement descendit pour marcher. La course folle dans la forêt avait déchiré sa robe qui désormais cachait difficilement sa nudité.
Dean détourna le regard avant de rougir de honte. Son cœur se remit à battre la chamade et il eut soudainement envie de sentir à nouveau leurs peaux en contact. Rien que la toucher … Pourtant il s’abstint.
Ils marchèrent encore un peu et la maison de Dean fut enfin visible. Bon. Qu’est ce qu’il allait raconter à ses parents ?
Inscrivez-vous à ma communauté " Manuscrits des futurs auteurs " : cliquez sur la petite vignette juste en dessous
!
Manuscrits des futurs auteurs
http://gare-aux-cyber-arnaques.over-blog.com/
Tous les textes du site http://www.legendesetverites.com sont protégés par la loi du 11 mars 1957, et la loi du 3 juillet 1985 du Code de la Propriété
Intellectuelle et ne sont pas libres de droit.
http://www.copyrightfrance.com/
Merci à tous ceux qui font confiance à ma communauté " manuscrits des
futurs auteurs ".
La communauté marche plutôt trés bien et je compte en faire la
meilleur communauté ! pour cela, il faut s'inscrire et publier dessus pour se faire connaître !
Je compte sur vous tous et puis...
A NOUS LA GLOIRE !




Commentaires