Et Dieu créa les gays

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La communauté marche plutôt trés bien et je compte en faire la meilleur communauté ! pour cela, il faut s'inscrire et publier dessus pour se faire connaître !
Je compte sur vous tous et puis...
A NOUS LA GLOIRE !
 

chapitre 6

Avec une légère appréhension, Dean poussa la porte de sa maison et entra d’un pas feutré dans le hall. Il posa son doigt sur ses lèvres et fit signe à Hiver d’entrer. Toujours en silence, il franchit le couloir et, voyant que personne ne se trouvait dans la cuisine, se permit de se détendre un peu. Puis il emmena Hiver dans sa chambre, lui demandant d’attendre patiemment.

Ensuite seulement, il lança le retentissant mais non moins connu « C’est moi, y a quelqu’un ?! ». Silence. Pas de réponse. Parfait. L’expédition pouvait commencer.

Et si Aurélie s’en rendait compte ? Ce qu’il allait faire risquait de la mettre en colère. Juste légèrement. Enfin légèrement à sa façon. Dean déglutit et posa sa main sur la clenche de la porte juste le temps de tendre l’oreille. Avec un soupir il abaissa la poignée qui, à ses oreilles, fit un bruit assourdissant. L’entrée des enfers. Il se sentait comme Orphée. En moins tragique certes. Il ne risquait pas la mort entre les mains d’Aurélie même si elle lui réserverait une torture fine et subtile dans le cas où il se ferait prendre.

Premier pas dans l’antre du démon. Dean s’attendait presque à trouver un piège mortel. Cette chambre était un des rares mystères que recelait cette maison. Personne n’y entrait sauf sa propriétaire et ceux qu’elle invitait. Les murs, peints en rouges et noirs, étaient recouverts assez astucieusement par de nombreuses photos en noir et blanc ou en couleurs représentant des groupes de jeunes. En soirée la plupart du temps.         

Une douce odeur flottait dans la pièce et Dean se rendit compte que la chambre de sa sœur était radicalement différente de la sienne. Ordonnée, propre et surtout décorée. Il devait avouer que sa sœur avait du goût. Sur le bureau, trônait un ordinateur portable ouvert et la tentation fut grande, néanmoins le jeune homme se détourna et se dirigea vers la penderie de son hôte. Qu’allait-il trouver …

Dean fouilla dans les affaires de sa sœur durant quelques minutes qui lui parurent durer une éternité. Il s’agissait de prendre des vêtements pas trop voyants, pas trop chers, auxquels Aurélie ne tenait pas trop et surtout qu’elle ne reconnaitrait pas au premier abord. Enfin il dénicha un ensemble gris assez vétuste qui ferait parfaitement l’affaire. Refermant l’armoire, il se précipita dans sa chambre et tendit la tenue à Hiver

Celle-ci saisit les vêtements et le regarda avec interrogation.

- Vous devez les mettre. Vous ne pouvez pas garder cette robe déchirée.

- Je sais. Moi juste attendre toi retourner.

- Oh bien sûr, rougit-il, excusez moi.

Obéissant à la remarque indirecte, le jeune homme remarqua que la porte de la chambre était restée ouverte. Vexé par la situation, Dean s’en prit à lui-même. Pas mal Dean. Dans la catégorie discret, t’es génial toi. D’un pas lent, il marcha vers la porte qu’il ferma sans aucune discrétion. Se retournant, il vit rouge. Aurélie.

- Je peux savoir ce que tu faisais dans ma chambre ?

- Je fermais juste la porte.

- Oh tu fais dans l’humanitaire maintenant ?

- Nan mais …

- Laisse tomber.

Hein quoi ? Elle refusait d’entendre une explication ? Pas normal ça …

- Explique moi plutôt pourquoi y a une robe rouge déchirée dans le couloir et qu’une amie à toi se prélasse sur ton lit dans mon ensemble gris.

Aïe. Coup droit, revers et uppercut. Game over. Dans la mâchoire de sa sœur, Dean se sentait comme un tout petit morceau de pain qui attendait son heure. Autant tenter une semi-vérité.

- Elle avait besoin de vêtements comme sa robe était abîmée.

- Et tu pouvais pas prendre dans les tiens ?

- Y en avait pas à sa taille.

- Pitoyable comme excuse. Autre question : d’où elle venait ta copine dans cette robe de soirée ?

En effet la robe rouge qui gisait, écorchée vive, au sol était tout sauf banale. La soie colorée à l’orée du pourpre était finement ciselée d’or qui luisait gracieusement.

- Euh … Elle sort d’une étoile filante qui s’est crashée dans la forêt. La robe est déchirée parce que j’ai du porter sur mon dos son occupante pour courir dans le bois et échapper à un tueur fou. Ca te va ?

La colère perlait dans sa voix. On le sentait à la limite d’exploser bruyamment et férocement, prêt à déchiqueter tout ce qu’il l’entourait. Ses phrases avaient prises ces intonations qui flottaient entre la haine pure et l’énervement primaire.

Il fit volte face soudainement et fit quelques pas avant de s’effondrer au sol terrassé par la douleur. En quête d’aide, il se tourna vers Aurélie mais celle-ci avait déjà claqué la porte derrière elle. La jambe droite de Dean le brûlait atrocement et prendre appui dessus était totalement impossible. Il s’aida de ses mains pour ramper et ce fut au tour de la deuxième blessure de rappeler sa présence. L’estafilade saignait abondamment et le sang du jeune homme gouttait sur le tapis. Il retint un juron équivoque et tenta mollement de se traîner vers la salle de bain de l’étage où il espérait trouver de quoi se soigner. Ou du moins de quoi museler ces affreux sourires dégoulinants.

A mi-chemin, il réussit à se relever sur la jambe gauche car la douleur s’atténuait et, tout en évitant de poser son autre membre au sol, il parvint à atteindre sa destination. Il avait tellement été pris par Hiver, le combat et toutes ces informations qu’il avait complètement oublié ses deux blessures. Elles en avaient profité pour proliférer et condamner définitivement un jean tout neuf et un des t-shirt préféré de Dean. Ce genre de vêtement au motif provocateur ou prenant parti délibérément pour une cause qui exaspérait ou faisait sourire les professeurs plaisait particulièrement au jeune homme.

Dean boita jusqu’à l’armoire à pharmacie, s’empara de bandages stériles et d’un désinfectant puis retourna dans sa chambre, non sans laisser de jolies marques écarlates derrière lui. Il allait devoir nettoyer ça. Encore un truc à mettre sur la liste des choses « à faire quand j’aurai le temps ».

A son arrivée, Hiver ne bougea pas d’un pouce. Elle était avachie sur le lit, les bras repliés sur le torse et elle regardait dans le vide. Il se manifesta par un léger raclement de gorge peu distingué mais qui eut l’effet escompté. Elle se releva, le regard interrogateur, comme si elle ne comprenait pas la situation.

- J’ai des questions à vous poser. J’aimerai bien que vous y répondiez.

Tout d’abord, la femme fit mine de ne pas comprendre puis, voyant l’air insistant du garçon, soupira bruyamment.

- Je vais essayer de parler correctement.

Elle avait articulé chacun des mots comme s’ils sortaient de sa bouche tels des maillons d’une chaîne enflammée tout en fronçant les sourcils d’une manière boudeuse digne d’une petite fille. Dean remarqua avec une admiration non dissimulée qu’elle avait réussi à maîtriser une langue en seulement quelques heures.

- Bon, pour commencer, qui êtes vous ?

- Je te l’ai dit. Je suis Hiver.

- Attendez vous êtes Hiver, genre la saison ?

- Je ne comprends pas.

- Bah … L’hiver c’est la neige, le froid, les arbres sans fleurs, la glace, l’hypothermie …

Il avait débité tout ce qui lui venait à l’esprit presque exaspéré par l’incompréhension d’Hiver.

- Je suis cela.

Le choc fut rude. Comment une saison pouvait-elle se trouver devant lui ? Comment une saison pouvait-elle seulement être quelque chose de matériel ? C’était impossible !

- Vous voulez dire que vous êtes la saison Hiver.

Il avait du mal à y croire mais, au plus profond de lui même, cette petite voix qui depuis des années vivotait prit soudain de l’ampleur. Telle une question persistante, elle s’installa dans son esprit et finalement il l’énonça à voix haute.

- Qu’est ce qui me prouve que c’est faux ?

- Rien. Tu t’en souviens partiellement mais ta mémoire génétique n’est pas totalement rétablie.

- Les homo sapiens n’ont pas de mémoire génétique.

- Toi si.

- Génial. Quoi d’autre de différent chez moi ?

- Je crois que tu l’as déjà remarqué pour la plupart des transformations. Force considérablement augmentée, réflexes surhumains, absence de douleur, …

Comment avait-elle pu acquérir autant de vocabulaire en si peu de temps ?!

- Euh pour la douleur c’est gentil mais je l’ai bien senti là.

Elle inspecta ses deux entailles et prononça seulement deux mots.

- Douleur résiduelle.

- Merci mais pouvez vous développer ?

- Au moment de l’action, tu ne ressentiras pas la plupart de tes blessures. Tu ne ressentiras que les attaques prévues pour te faire souffrir. Seulement après le combat, lorsque le taux d’adrénaline contenu dans tes veines aura diminué, la douleur reviendra.

- Ah super. Je me sens mieux maintenant que je le sais. Bon maintenant, le reste. Concrètement, qu’est ce qui m’arrive ? D’abord l’étoile filante, cette attirance, mon esprit complètement chamboulé, l’attaque de l’archer furieux, et puis Vous !

- Tout ça est le Jeu.

- Un jeu ?! Vous vous foutez de moi ?!

Dean tremblait de colère. Il s’empara d’une petite statue en métal qui trainait sur son bureau et commença à décharger toute sa fureur sur l’objet.

- Pas un jeu. Le Jeu. Le plus grand et plus important Jeu de tous les temps. De ce Jeu dépendent tellement de choses …

Son regard se perdit dans le vide et redevint vitreux tandis que Dean broyait la statuette. Il l’appela plusieurs fois mais elle ne répondit pas. Visiblement, il n’aurait pas d’autres réponses de sa part.

Essayant de penser à autres choses, Dean commença à nettoyer ses blessures puis à les bander. Les deux entailles étaient assez profondes et pourtant le jeune homme ne trouvait pas la douleur intolérable. Après avoir effacé les deux grimaces sanglantes, il fit rapidement le ménage puis installa Hiver sur son lit. Il eut juste le temps de préparer son lit de camp lorsque la porte d’entrée claqua. Les parents. Là commençaient la vraie épreuve. Après les gendarmes et la disparition, le second volet de ses aventures, la jeune fille inconnue, risquait de lui valoir une sacrée punition !

Dean dévala les escaliers et se précipita devant sa mère et son père.

- Maman ! Papa ! Bonsoir ! Vous avez passé une bonne journée ?

Ses parents le regardèrent avec un regard incrédule. Bon okay la carte du fayot ne marche pas. Avec un soupir son père le toisa du regard.

- Tu veux quoi ?

           Inspirant un grand coup, Dean se lança dans un des plus gros mensonges qu’il avait jamais inventé. Il avait pensé tout d’abord faire passer Hiver pour une camarade de classe qui avait besoin de loger chez eux quelques jours, les traits de visage d’Hiver ne permettant pas de lui donner un âge. Toutefois M. et Mme Valéry n’étaient pas stupides. Dean imaginait facilement la conversation : « Loger tu dis ? Elle a fugué c’est ça ? C’est bien dommage pour elle mais je suis sûr que c’est une broutille. Passe-moi le numéro de sa famille que j’en discute avec eux. Tu l’as bien là dans les papiers de classe … ». Et là la couverture aurait volé en éclat. Parce que quel que soit le mensonge inventé, le père de Dean aurait trouvé une question supplémentaire. A l’instar d’un homme dans les sables mouvants, le jeune homme se serait noyé.

           - J’ai eu accident en revenant de l’école avec mon vélo et …

           - Mais je t’ai emmené en voiture ce matin !

           Il était plus rapide de que prévu. La joute verbale promettait d’être intense.

           - Oui mais je suis rentré à la maison ce midi à cause d’un prof absent et j’en ai profité pour récupérer mon vélo. Bref j’ai eu un accident avec une jeune fille qui courait sur la route. Je l’ai ramené à la maison et là elle dort en haut. Je sais pas ce qu’elle fuyait mais elle était épuisée. Je ne sais pas qui elle est mais lorsque je lui ai proposé d’aller à la gendarmerie, elle a refusé net.

           - Et qu’est ce qu’elle fait ici ?

           - Elle n’avait aucun endroit ou aller !

           Alors Dean ressentit un étrange picotement autour de ses yeux. Il plongea son regard dans celui de son père et il se passa quelque chose d’étrange. Les yeux de son géniteur semblèrent répondre aux siens. Mais pas une réponse d’égale à égale. Non, c’était une relation maître serviteur.

           - Je ne pouvais pas la laisser seul.

           - Non, tu ne pouvais pas la laisser seul.

           Depuis le début de la conversation, la mère de Dean n’avait pas pris part au dialogue. Elle attrapa le bras de son mari et le traîna vers la cuisine. Ensuite, elle fit un clin d’œil à Dean et lui lança sur un ton de plaisanterie ces quelques mots :

           - J’espère au moins qu’elle est jolie !

           Alors Dean se rendit compte qu’il était totalement épuisé et il monta rejoindre Hiver sans manger pour plonger dans un sommeil sans rêves.

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